Fleurs et couronnes par Ariane Chemin, Stock, 2009 - un cadeau dans tous les sens du terme.
7 06 2009
Si j’avais pensé un jour qu’écrire des critiques me rapporterait… des livres, je me serais lancée dans l’aventure bien plus tôt !
En effet, quelle ne fut pas ma surprise voilà quelques jours de recevoir dans ma boite aux lettres un message m’invitant à participer à l’opération MASSE CRITIQUE organisée par Babelio qui consiste en la distribution d’ouvrages en échange d’un article critique !
J’étais ainsi ravie de recevoir voilà quelques jours le dernier livre d’Ariane Chemin ! Je salue par conséquent cette initiative. C’est avec bonheur que je me plierai à nouveau au jeu, un jeu qui permet, en outre, de découvrir des pages que je n'aurais pas naturellement tournées !
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Fleurs et couronnes, comme le titre d’un poème de Prévert. Et désormais, pour moi comme pour les lecteurs de ce petit chef d’œuvre, comme le titre de cet ouvrage d’Ariane Chemin. Et puis, pour tous, malheureusement, comme les attributs du deuil dans lequel nous plonge la disparition d’un être cher ou moins cher, d’un être – toujours – respecté.
Cela n’a sans doute pas sa place ici mais le contexte m’y invite : Quelles fleurs ? Quelles couronnes pour ces corps que l’on ne retrouve pas ? Laissons là cependant le conjoncturel pour évoquer les histoires et l’Histoire que nous offre la journaliste.
Elle nous apporte du ressenti, du vécu et du vivant, malgré la mort. C’est un livre qui conjugue avec justesse - outre les aspects historiques - des aspects documentaires, personnels et sensibles.
Sous les récits, les évocations qu’elle livre, Ariane Chemin nous fait transparaitre des destins. Destins parce que nous ne sommes bien entendu pas sans connaitre les disparus – plus ou moins à vrai dire, d'Alain Robbe-Grillet ou Georges Marchais à Rafaël Kuderski ou Maurice Kriegel-Valrimont. Mais aussi parce que ces enterrements, ces cérémonies qu’elle décrit, sont lourds de présences et d’absences remarquées, sont lourds de souffrance et de soulagement parfois. Des sept hommes qu’Ariane Chemin enterre ici, on peut aussi dire la plus ou moindre absence : eux qui tiennent le premier rôle au moment de leur inhumation, sont-ils toujours vraiment là, au centre d’un balai plus ou moins bien orchestré par des personnages perplexes, perdus ?
Ariane Chemin fait de ces morts ses propres morts. Elle revient brièvement sur leur vie, en remontant le temps, en la développant à partir de ces gens qui honorent le disparu ou, justement, qui n’en prennent pas la peine.
Je ne m’étais jamais penchée sur la vie des autres en commençant par leur mort, et mieux, leur enterrement. Avec cette journaliste je découvre que c’est possible. Je découvre que l’enterrement est aussi vivant.
A la fin de cet ouvrage, très beau d’émotions, une question s’impose : aurais-je choisi les mêmes personnages ? Aurais-je élu les mêmes cérémonies ? Ces choix doivent sans aucun doute être le fruit d’une sensibilité : ils expriment une vision du monde. Si ce cimetière n’est pas un Panthéon, il révèle beaucoup de notre société. Il révèle moins les disparus que ceux qui restent. C’est là le plus douloureux.
Claire.
Rouen, le 5 juin 2009.



bonne reference!
C’est vraiment un livre que j’ai envie de lire! L’idée semble forte et les anecdotes nombreuses…
Je viens de le lire et je suis assez d’accord, c’est un livre particulier, qui offre l’avantage d’être vite lu mais qui possède un style, une grâce même…
Je vais le noter dans mes références: l’idée est excellente, ça me titille.