Les Onze, par Pierre Michon, Verdier, 2009 – Une véritable leçon de politique.

28 07 2009

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« La Révolution française est un bloc », disait Clemenceau. Autrement dit, la Révolution française, c’est bien sûr 1789, mais c’est aussi 1793. Cette perspective séduit certains et en effraie d’autres. Question d’idéologie, question de sensibilité. Ce propos de Clemenceau, l’écrivain Pierre Michon le ferait certainement sien. L’auteur, qui est un passionné de la Révolution française, de toute la Révolution française, a commencé lors des cérémonies du bicentenaire un ouvrage sur 1793, tandis que tout le monde parlait alors de 1789. Cet ouvrage verra le jour, après de longues années d’abandon, en 2009. Il s’agit de ce livre, Les Onze – correspondant au titre d’un tableau imaginaire représentant les membres du Comité de salut public, autour de Robespierre.

Dans une interview donnée au Nouvel Observateur, Pierre Michon explique qu’il avait cessé son manuscrit après la trois premiers chapitres parce qu’il avait le sentiment d’avoir écrit alors tout ce qu’il avait envie d’écrire. Personnellement, je me réjouis qu’il ait poursuivi son récit. Mais surtout pas parce que j’en ai adoré le début. Je devrais peut-être – certainement même – la relire ; mais toute la première partie de l’ouvrage m’est apparue complètement mystérieuse sinon totalement opaque – il s’agit notamment de la jeunesse de l’auteur (fictif lui aussi) de ce tableau, François-Elie Corentin. Et, à vrai dire, cela ne m’a pas intéressé.

Ainsi, si je me réjouis que Pierre Michon ait repris la plume après des années pour terminer ce livre, c’est que la seconde partie, elle, m’a captivé. Elle nous plonge en plein cœur de la Terreur. En plein cœur de l’An II. Cette seconde partie est une magnifique leçon d’histoire. En quelques pages, le lecteur voit surgir un tableau des rapports de force en vigueur à cette époque si agitée politiquement. L’exposé des forces en présence est admirable de clarté et de pédagogie. Et, surtout, cet état des lieux est indispensable pour nous permettre de comprendre le pourquoi de ce tableau, de ces Onze. Car ce tableau, plus qu’une œuvre d’art que l’on aimerait, comme Pierre Michon, pouvoir observer dans une salle réservée du musée du Louvre, est avant tout une leçon de politique. Sa raison d’être n’est pas artistique ; elle est politique. L’intrigue, de ce point de vue, est remarquable.

Jean-Baptiste.

Rouen, 27 juillet 2009.


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